PROGRAMMATION
INSTALLATIONS PAR FABRICE MONTAL :
LE DÉSERT ET LA RÉPÉTITION
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Nicolas
Bolduc
DUBERGER 7H30 PM
Installation vidéo, 2004, Québec
Nicolas Bolduc, se passionne pour la vidéo
depuis plusieurs années. Technicien et vidéaste,
il a été associé au travail d’autres
artistes comme Éric Gagnon. Il travaille principalement
à La bande vidéo (BV) à Québec.
Il a réalisé une série de bandes
sur le thème des banlieues désertes
du Québec qui seront réunies bientôt
sur un DVD de BV productions. Il présente ici
une installation adaptée de l’une de
ces bandes.
La dramaturgie du monde est sans limite. Nous pouvons
errer en sa surface sans jamais savoir son texte,
en arrivant en retard aux répétitions
mais, qu'on le veuille ou pas, la pièce est
en représentation continuelle. Qu’on
le veuille ou pas, elle ne nous attendra pas.
La transposition du théâtre à
la vie s’impose parfois selon des affects qui
s’expriment dans le cadre d’une action
qui n’est pas automatiquement reconnaissable,
ni entièrement agréable car, par essence,
ce qui est agréable est consensuel, puisque
cela touche autant les sens que l’absence d’effort
et d’innovation. Le calme plat, le refus du
déséquilibre, et la répression
heureuse d’une donnée fondamentale qui
s’appelle le mouvement de l’existence,
ne peuvent rien face à la mort hélas,
puisque refuser de bouger, c’est aussi précipiter
son avènement.
C’est ce que l’on ressent face au travail
des bandes de Nicolas Bolduc, opérant des travellings
au cœur de quartiers consensuels de banlieues
hivernales, sans traces d’humanité hormis
quelques lumières que l’on voit poindre.
C’est une critique de la désertification
de l’humanité, de son uniformisation.
Ce beau paradoxe qui s’appelle « la maison
individuelle préfabriquée en série
» est un mensonge de plus qui cache le vide
de la société qui bâtit un spectacle
de la richesse en appauvrissant la vie réelle.
Il s’agit donc d’une installation qui
met en scène principalement celle qui a pour
titre DUBERGER 7H30 PM (du nom d’une célèbre
banlieue de Québec), au sein d’un dispositif
de projection qui rappelle le forme des bow-windows
parodiée par la juxtaposition en triptyque
de trois télévisions. Le paysage est
cyclique, la projection est en boucle. Le monde bouge
mais son propos est immobile et la pensée désertique.
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PHYLM
( Emmanuel Lefrant/ Philippe Pasquier)
Survie
Installation audio vidéo, Montréal-Québec,
2004
Né en 1975, Emmanuel Lefrant fait du cinéma
comme d'autres cultivent leur jardin. Ses films sont
un travail sur la vitesse, les rythmes, la matière
et la couleur, et sur la révélation
des “formes secrètes” de l’émulsion
cinématographique. Il attaque la pellicule
à l'acide ou la faisande parfois sous deux
pieds de terre en la soumettant au pouvoir accidentel
des oxydes du sous-sol terrestre. Il en résulte
des abstractions mouvantes et colorées, dont
le mouvement fluide et organique révèle
une troublante beauté.
Né la même année, Philippe Pasquier
est chercheur en intelligence artificielle. Il travaille
actuellement sur différents projets qui intègrent
ses recherches à la création artistique.
Il est aussi musicien, membre d'Avatar et un des piliers
des très populaires Soirées Machines
consacrées à la musique électronique
à Québec.
Ce sont des amis d'enfance. Ils ont grandi à
Nantes, en Bretagne. L'un habite Québec depuis
quelques années, l'autre a déménagé
récemment de Paris à Montréal.
Ils ont décidé d'unir leurs talents
dans l'aventure de PHYLM.Si vous ne savez pas quoi
faire dans un désert, vous pouvez toujours
essayer la survie.
Dans une maison pour produits en partance, ils auront
propagé des nuées de fumée. Dotée
de cette atmosphère, Survie, si télé
le cas, sera percée de rayons électroniques
balancés par des canons vidéographiques.
Les faisceaux seront matérialisés par
l’épaisseur de nuages froids, cependant
que nos oreilles se verront confier l’aventureuse
mission de recomposer l’espace de notre perdition
dans les aléas des abstractions (in)volontaires
proposés par les artistes. Exploration de l’image
traverse, celle du faisceau de la projection.
[…] Le feu transforme la matière en fumée.
L’isolement de ceux qui la peuple, leur solitude;
L’étouffement, la suffocation qu’elle
provoque;
L’abolition des frontières qu’elle
engendre, rappelant la notion d’étendu
et d’horizons infinis propres aux déserts;
La projection dans la fumée n’est pas
sans évoquer la notion de mirage. […]
La projection vidéo et l’ambiophonie
contrôlée par ordinateur, s’alimentent
à partir de boucles déviées qui
établissent d’elles-mêmes un discours
formel et abstrait qui induit le piège d’un
ravissement. |
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