Graciela
Taquini : Historienne d’art (Université
de Buenos Aires). Elle a étudié à
l’Université de Barcelone et à
l’institut Smithsonian de Washington. Depuis
1985, elle se consacre aux arts Electroniques. Elle
a participé en tant que jury et commissaire
de plusieurs manifestations nacionales et internationales.
Elle a publié des livres sur l’histoire
de la vidéo en Argentine. En 2004, elle a
réalisé le commissariat de la manifestation
Vertigo au Malba, de la collection Constanini de
Buenos Aires et de l’événement
Marcas Oficiales pour le programme de Montevideo.
Elle est aussi la conseillère culturelle
du programme télévisuel municipal,
Ciudad Abierta Señal Cultural. Depuis 1997,
elle organise le Cycle des Arts Electroniques au
musée d’Art Moderne de Buenos Aires.
Programmation
vidéo par Graciela Taquini : Horizon
Programmation
vidéo par Graciela Taquini : Désert
“Nous vivons tous sous le même ciel,
mais nous n’avons la même horizon”
Konrad Adenauer
Argentine, entre le désert et l’horizon
La géographie de l’Argentine
est déterminée, entre puna et forêt,
par l’horizon de la pampa, la plaine infinie
qui débouche aussi au sud sur un désert
: la Patagonie, un territoire dépouillé
de ses propriétaires originaux par le massacre
des blancs contre les indiens et qui, en ce moment
est une pression potentielle pour ses intérêts
géopolitiques internationales. Désert,
le thème de cette biennale a inspiré
le motif de l’horizon. Sa présence
et son absence apparaissent comme des constantes
dans ces œuvres vidéos récentes,
de réalisateurs d’âge et de formation
différent.
Le motif de l’horizon doit être associé
au paysage. C’est le bourgeois de la modernité
qui peut prendre distance et concevoir rationnellement
la perspective pour créer des mondes avec
une profondeur de champ virtuel, que le cinéma
et la vidéo récupèrent et que
les avant-gardes continuent à questionner.
L’horizon comme forme symbolique surgit comme
une aspiration de la contemplation, une métaphore
d’un projet toujours non terminé, similaire
au devenir de l’existence. Formellement, il
apparaît comme une limite entre le ciel et
la terre. Ces travaux affichent leur qualité
d’obsession, leur manque et leur sentiment
de catastrophe. Ils peuvent être profond,
utopique et en même temps vertigineux et abyssale.
A partit de travaux indépendants, des œuvres
ont été produites pour la programmation
du projet de Ciudad Abierta, le canal culturel municipal
de Buenos Aires qui a commandé des plans
séquences jusqu’à cinq minutes
à cent artistes. Le programme comprend des
travaux dont le désert apparaît quelques
fois sous la forme littérale et d’autres
fois il est utilisé comme métaphore
de la guerre, de la fin et de la violence.
Graciela Taquini
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