Source : L. Lavergne
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YAN BREULEUX

Après avoir complété ses études collégiales et universitaires en arts visuels en 1994, Yan Breuleux s’est consacré à la pratique de l’art numérique. Cofondateur de PURFORM.COM avec le compositeur Alain Thibault, Yan Breuleux œuvre dans les domaines de la vidéo, de la performance pour des dispositifs immersifs multi-écrans ainsi qu’à la réalisation de projets d’animations interactives en ligne. En vidéo, soulignons la série de vidéo ABC Light, (mention honorable, Ars Electronica 1999) réalisée au centre culturel Canadien à Paris. Son travail de performeur lui a permis de participer à des festivals d’envergures tels que Transmediale à Berlin (1999, 2004), ISEA à Paris(2000) et Japon ( 2002). Dissonanze (2003) à Rome et Lille (2004). Suite au projet Black Box, un dispositif immersif sur quatre écrans, il a collaboré à la conception et la direction artistique du projet ArsNatura. (www.purform.com/arsnatura) Ses œuvres en ligne ont été présentées au musée du Québec, de Rimouski, au New Museum of Contemporary art of New York ainsi qu’à Toronto au centre d’art Interaccess.

Programmation installations par Yan Breuleux


A- Re[génération]


Cette programmation formule deux propositions. La première, conçoit l’idée de la régénération d 'un lieu par une activité artistique. La seconde, ancrée dans l’espace de l’incinérateur des Carrières, consiste en une activité artistique comme génératrice de formes, à partir d’images, de sons ou de dispositifs. Pour ce programme , des boucles audiovisuelles ont été commandées à trois artistes, ainsi qu’un dispositif modulaire réalisé à partir de matériaux récupérés, recevant des images projetées et se transformant au gré d’interventions, au collectif multidisciplinaire LIPS. Dans tous les cas, la matière première des projets artistiques se construit selon un principe de recyclage, de transformation à partir d’elle-même selon un processus en boucle: les premières boucles d’images alimenteront la seconde de la même manière que le premier dispositif de LIPS alimentera la suite de leur projet. 

Re[génération] du lieu par l’activité artistique

Deux miradors surplombant l’incinérateur des Carrières exercent une présence rassurante pour qui les côtoie quotidiennement. Cependant la destinée d’un telle bâtisse, résidu industriel, peut préoccuper. Les édifices sont des témoins qui traversent les générations. C’est dans l’optique de recycler à la fois l’édifice, les matériaux, les enregistrements sonores et visuels pris sur le site par les artistes, qu’a été conçu le projet Re[génération]. Le processus cyclique de la récupération et de la régénération des matières appliqué à l’architecture est une manière de contrer la destruction de notre patrimoine industriel. Le projet Re[génération] implique une compréhension de l’environnement de l’incinérateur des Carrières comme un écosystème urbain fait du détournement, de la transformation et de la récupération de matières existantes.

L’activité artistique comme processus générateur de formes

Du lieu récupéré à la stratégie de création il n’y a qu’un pas. Bien que directement relié à la machine et aux outils qui lui sont spécifiques, la culture numérique, ne s’applique pas uniquement à l’image virtuelle mais participe à une redéfinition des frontières du champ artistique, comme en fait foi le projet de LIPS. L’œuvre d’art numérique est un processus continu de transformation du sens à l’aide de plusieurs médias, qu’ils soient auditifs, visuels, ou faits de dispositifs. Le contenu obéit à des structures combinatoires de la matière et l’œuvre est en constante évolution, transformation. Dans ce contexte la technique et l’art ne sont pas séparés, ils dialoguent. L’objet est inexistant et virtuel. C’est le processus qui est sacré ou sacralisé. Il ne prend sens que dans l’action. Le temps du numérique est l’éternel présent. Il est soit activé ou désactivé. Lorsque le processus entre en acte, il s’inspire du lieu, du contexte, des idées qui l’environnent. C’est ainsi que, insaisissable, il ne se présente pas comme une œuvre composée par un auteur mais comme un principe organisateur.

Le processus de création artistique adoptée dans ce projet, conforme au processus de création en art numérique, résulte de l’interaction entre plusieurs éléments. Chaque artiste s’est approprié le thème de la programmation en fonction de son propre langage, ses propres préoccupations et recherches artistiques, entrant en résonance avec les thèmes du désert et de la régénération. Un dispositif est proposé à tous , qui permettra de dialoguer avec le lieu de manière formelle. Le site suggère un dispositif qui lui-même en retour suggère un contenu. Le dispositif fourni devient le cadre avec lequel l’artiste doit composer son travail, la structure pour de réalisation du projet: une surface verticale au tiers d’une image vidéo normale et un système de son en relation avec l’acoustique spécifique du lieu. Dans tous les cas, les conditions de diffusion sont imparfaites. Cette imperfection de la matière devient un élément de langage. Les artistes récupérant l’architecture du lieu, le transforment par des  boucles audiovisuelles de plusieurs minutes modulées dans le temps et en proposant un dispositif de diffusion comme sujet , construisant un écran de matière récupérée sur lequel sera projeté des images vidéo , utilisent précisément un élément de langage fourni par l’espace du lieu.

 

BURDEN _ I8U, 2004

Ses “sculptures sonores” révèlent un environnement puissant, complexe et opaque où l’analogue rencontre le numérique. Son art Web suit une trajectoire parallèle, incorporant des éléments visuels et audio. De la musique classique jusqu’au blues, i8u a participé à différents festivals de musique et nouvelles technologies au Canada et en Europe. Elle a des cds produits sur des labels canadiens et européens tels que bake/staalplaat (Hollande), Oral (Montréal), Piehead (Toronto) ainsi qu’une collaboration avec Goem, Amsterdam sur l’étiquette Mutek. Elle a récemment participé à une compilation: “60 Sound Artists Protest the War“ produit sur le label japonais ATAK. I8U porte un intérêt particulier à la musique, au son et à l‘art web depuis deux ans. Son plus récent projet, Gate, fait partie de l’exposition d’art Web <PAUSE>, initiative du collectif Mobile Gaz.

I8U s’interroge sur les liens unissant un lieu tel que l’incinérateur des Carrières avec l’univers social qui l’entoure, à la fois en retrait du monde, fermé sur lui-même, opaque et en contact direct avec lui par l’historique de sa fonction. I8U capte l’espace d’un moment, des images, des sons provenant du lieu qui servent de base formelle pour une réinterprétation symbolique du lieu à partir de sa propre matière et inspiré d’une fable sur le désert, tirée du ainsi parlait Zarathoustra de Nietzsche.

PLANTE ROBOTIQUE Luc Lavergne, Vj Many-2, 2004

Connu aussi sous le nom de VJ Many-2, cet artiste oeuvre dans les domaines de la manipulation vidéo en temps-réel, du Vjing, de l’infographie 3d, des jeux vidéo et de l’art multimédia. Ses domaines de recherche de prédilection sont l’interactivité et les projections multi-écrans.

Son projet consiste en une plante robotique, sorte d’organisme artificiel qui croît en relation avec le lieu. La verticalité formelle de l’image vidéo et le thème de la Re-génération a suggéré l’aspect organique de l’information: sorte de vie artificielle empruntant son iconographie au monde des jeux vidéo, ces plantes se déploient selon un cycle vital. Machines bio-cybernétiques, elle se reproduisent, se multiplient, changent de forme, se dispersent en différents lieux. Ces plantes robotiques se développent dans l’univers stérile de l’incinérateur. À la frontière entre la vie artificielle et le vivant, le réel et le virtuel, l’architecture morte de l’incinérateur et le mouvement de l’image vidéo, les images de Luc Lavergne se déploient dans l’entre deux hybride d’un monde incertain dominé par la machine.

INTERFÉRENCE Frédéric St-Hilaire, Vj cinétic, 2004

Cinétic, dont le travail artistique concerne principalement l’interférence, collaborera avec une contorsionniste pour la prise d’images. En élargissant se préoccupation artistique, l’artiste entrera, non pas en communication mais, par un effet de contraste, en interférence avec le lieu. C’est la contrainte exercée par la lourdeur de l’incinérateur, de l’espace sur le corps humain qu’il interprète l’idée de Re-génération. Ainsi, le corps tentera de s’adapter, de communiquer, de se libérer de la gravité imposée par cette immense surface de béton armé. Pour s’adapter au cadre, il doit se plier à l’extrême, se plier presqu’au point de la rupture. Rien n’est plus anti-cinétique que la position crispée d’un corps plié en deux. Sa fixité suggère toutefois l’idée d’une rupture, d’une catastrophe potentielle qui remettrait le corps en mouvement. C’est la richesse d’un tel contraste, amplifié par le lieu et la projection, qui donne au corps son aspect dramatique.

Entropie LIPS, 2004

LIPS (Ligue d’improvisation et de performance spatiale) est un collectif artistique regroupant architectes, designers et plasticiens professionnels.  Opérant à l’intérieur du projet Régénération, «Entropie» se manifeste comme une construction spontanée utilisant la bouteille d’eau recyclée comme unité de mesure .   

René-Luc Desjardins complète sa maîtrise en architecture à Los Angeles au Southern California Institute of Architecture. Son parcours académique et ses expériences de travail lui donnent l’occasion d’accomplir et de réaliser un ensemble d’œuvres multidisciplinaires. Membre de la firme Elastik, il réalise ses propres projets en architecture et en design.

Après des études en architecture, Frédéric Caplette oeuvre principalement à la conception de salles de spectacle pour une firme montréalaise. Il enseigne actuellement le dessin assisté par ordinateur, tout en continuant de réaliser des projets personnels alliant l’architecture à d’autres disciplines.

Jean Couture est né à Sherbrooke d’un père designer, Jean Couture grandit dans un milieu toujours créatif. Après son baccalauréat en design de l’environnement à l’UQAM, il entreprend une carrière fructueuse en design d’intérieurs corporatifs et commerciaux.  Il partage maintenant son temps entre l’enseignement d’atelier en design d’intérieurs à l’Université de Montréal et sa pratique privée.

Itaï Azerad est designer industriel. Explorant les thèmes et relations objet/usager, son travail de nature multidisciplinaire l’amène souvent à collaborer avec des artistes, architectes et d’autres designers. Ses œuvres ont parus dans divers salons internationaux tels la Biennale Intérieur en Belgique et le Tokyo 100% Design.

 

 
Yan Breuleux

Cécile Martin

Fabrice Montal

Lisa Steele & Kim Tomczak

Graciela Taquini
     
DÉSERT : 6E MANIFESTATION INTERNATIONALE VIDÉO ET ART ÉLECTRONIQUE
MONTRÉAL - 20 AU 27 SEPTEMBRE 2004 - UNE PRÉSENTATION DE CHAMP LIBRE